Alors que l’on parle beaucoup de la langue française au Québec partout dans les médias cette semaine, nous ne pouvions pas passer à côté. Par contre, notre approche sera différente.
On hésite parfois à savoir quel mot francophone nous devrions utiliser ou si une expression prend un “s” à la fin ou non. Voici quelques pense-bêtes présentés par L’Office québécois de la langue française. Nous espérons qu’ils vous seront utiles et que vous tâcherez de parler français et non franglais.
Voici les pense-bêtes présentés ci-bas:
- 1. “Les films sortent en salle ou en salles?”
- 2. Eh non! L’argent ne pousse pas dans les arbres…
- 3. Bouffe et malbouffe
- 4. Les dates
- 5. Étudiant ou élève?
- 6. Faire un fou de soi
- 7. Le pluriel de nid-de-poule?
- 8. Jutra, César, Oscar…
- 9. Smog
- 10. Soldes de l’Après-Noël et Après-Noël
Questions de français
“Les films sortent en salle ou en salles?”
L’hésitation quant au nombre de salle dans sortir en salle est bien compréhensible, mais l’emploi du singulier demeure préférable dans cette expression, ne serait-ce que par souci d’uniformité avec sortir en librairie. On parlera donc de films qui sortent en salle ou de nouveautés en salle.
Pour en savoir plus sur cette règle, visitez le http://www.olf.gouv.qc.ca/actualites/capsules_hebdo/actualites_terminolinguistique/saviezvousque_filmsensalle_20080103.html
Eh non! L’argent ne pousse pas dans les arbres…
Saviez-vous que, malheureusement, l’argent ne pousse pas dans les arbres?… et en français, encore moins. L’expression nous vient de l’anglais “money doesn’t grow on trees”. En français, c’est le ciel qui refuse de nous en donner : “l’argent ne tombe pas du ciel“.
Si vous voulez en savoir plus à propos d’autres expressions dans lesquelles entre le mot argent, nous vous invitons à lire les capsules L’argent en noir et blanc et De la belle argent, des argents…
Bouffe et malbouffe
Le mot malbouffe est relativement nouveau. Il est venu déloger avec bonheur l’anglicisme junk food. Bien qu’étiqueté comme un mot de la langue familière dans les dictionnaires usuels, il semble que malbouffe soit maintenant passé dans l’usage « neutre » contrairement à son pendant bouffe qui, lui, reste résolument un mot de la langue familière, ce que l’on a tendance à oublier au Québec.
La malbouffe est le sujet de l’heure dans les pays nantis. Alors que l’obésité gagne de plus en plus de terrain, notamment chez les jeunes, la mauvaise alimentation est montrée du doigt. Le terme est abondamment employé dans les écrits (presse, études, rapports, etc.), il ne semble pas avoir de concurrent. On trouve bien quelques attestations de camelote alimentaire au Québec, synonyme évocateur, ou encore la formule mauvaise alimentation, plus « diététique », mais malbouffe a la cote.
Pour en savoir plus sur cette notion, nous vous invitons à consulter la fiche malbouffe du Grand dictionnaire terminologique de l’OQLF.
Les dates
De façon générale, d’après la norme ISO 8601:2004, c’est le calendrier grégorien qui est utilisé.
La présentation numérique d’une date doit être constituée de la manière suivante : quatre chiffres pour indiquer l’année, deux chiffres pour le mois et deux autres pour la journée. Si l’on veut utiliser des séparateurs, on peut mettre un trait d’union ou encore un espacement entre ces trois éléments.
- exemple : 20061004 ou 2006 10 04 ou 2006-10-04
Note : Lorsque l’omission du siècle n’entraîne pas de confusion, la représentation de l’année peut être réduite à deux chiffres (exemple : 08 pour 2008).
En représentation littérale, les jours de la semaine s’écrivent en commençant par une lettre minuscule. En français, le premier jour de la semaine est le lundi. Les noms des jours et des mois peuvent être représentés par des codes à deux ou trois caractères, ou s’abréger suivant les règles usuelles de l’abréviation.
- exemple : le mercredi 4 octobre 2006
(Voir Caractéristiques culturelles et linguistiques du Québec, p. 10, format PDF)
Étudiant ou élève?
Parlons de la distinction entre les désignations étudiant, ou étudiante, et élève. En fait, élève est un terme général qui désigne toute personne (enfant, adolescent ou adulte) inscrite dans un établissement d’enseignement où elle suit des cours ou reçoit une formation à temps plein ou à temps partiel.
Cependant, les élèves sont appelés plus spécifiquement étudiants ou étudiantes lorsqu’ils ou elles fréquentent un établissement d’enseignement supérieur. Au Québec, les cégeps et les universités entrent dans cette catégorie et c’est pourquoi il est maintenant admis d’appeler étudiant aussi bien l’élève qui est à l’université que celui qui est au cégep. Au primaire et au secondaire, c’est le terme élève qui doit être utilisé.
Pour en connaître davantage sur ces notions ou d’autres qui y sont reliées, nous vous invitons à consulter les fiches apprenant, étudiant, élève, écolier et cégépien, du Grand dictionnaire terminologique de l’OQLF.
Faire un fou de soi
L’expression faire un fou de soi est calquée sur l’anglais to make a fool of oneself. Pour éviter ce calque, on pourra avoir recours à des expressions comme se ridiculiser, faire rire de soi, se rendre ridicule ou se couvrir de ridicule. Pour connaître d’autres équivalents possibles, nous vous invitons à consulter l’article Faire un fou de soi dans la Banque de dépannage linguistique de l’OQLF.
Le pluriel de nid-de-poule?
Vous connaissez tous ce qu’est un nid-de-poule, ce trou dans la chaussée – petit ou immense, selon l’appréciation de chacun – qui annonce invariablement le printemps. Mais savez-vous comment l’écrire au pluriel? Nous vous recommandons, comme la plupart des dictionnaires, d’écrire : des nids-de-poule en ne mettant la marque du pluriel qu’au premier élément.
Enfin, la graphie avec les deux traits d’union, signe de lexicalisation, est à privilégier.
Pour en savoir plus sur cette notion, nous vous invitons à consulter la fiche nid-de-poule du Grand dictionnaire terminologique de l’OQLF.
Jutra, César, Oscar…
Voici quelques repères recommandés par l’Office : les noms des récompenses comme les Oscar, les César, les Jutra, les Grammy, s’écrivent soit avec une majuscule et restent invariables, ce sont des noms propres (la Soirée des Jutra, la Nuit des César), soit avec une minuscule et ils deviennent alors des noms communs qui prennent la marque du pluriel (être en lice pour cinq oscars). Quant à la mention des prix, la majuscule se met sur le premier nom s’il est suivi d’un complément déterminatif (recevoir le Prix de la critique, l’Oscar du meilleur film, le César du meilleur second rôle, le Prix du meilleur album, la Palme d’or); si ce premier nom est précédé d’un adjectif, celui-ci prend également la majuscule (le Grand Prix de la critique). Par contre, si le nom du prix est immédiatement suivi d’un nom propre, on l’écrit avec la minuscule (les prix Jutra, les prix Juno). Rappelons également que rien ne justifie d’éviter la liaison avec Oscar, donc, on prononcera des[z]oscars.
Pour en savoir plus sur les règles générales des majuscules, consultez la Banque de dépannage linguistique de l’OQLF, à la section Typographie, dans le sous-thème Majuscules; vous y trouverez une centaine d’articles qui traitent de ce sujet dont Prix, distinctions et trophées.
Smog
Saviez-vous que le terme smog, qui a été emprunté à l’anglais, est un mot-valise construit à partir des mots sm(oke) (fumée) et (f)og (brouillard) ? Sur le même modèle, les formes françaises fumard, de fum(ée) et (brouill)ard, ainsi que brumée, de brum(e) et (fum)ée, ont déjà été proposées. Elles n’ont pas encore réussi à s’implanter réellement dans l’usage mais est-il trop tard? Il semble malheureusement que l’on devra parler de plus en plus de ce phénomène dans les prochaines années.
Soldes de l’Après-Noël et Après-Noël
Juste un petit mot pour vous rappeler que si les soldes de l’Après-Noël sont incontournables, l’appellation Boxing Day, elle, peut être contournée. Des équivalents ont été proposés avec succès pour remplacer cet anglicisme et l’influence des publicitaires et des commerçants a été bénéfique. Bravo à ceux qui ont opté pour le français et nous pressons les retardataires de prendre le train en marche. Pour en savoir plus sur les sens de Boxing Day et connaître ses équivalents français, nous vous invitons à consulter les fiches Après-Noël et soldes de l’Après-Noël du Grand dictionnaire terminologique de l’OQLF.
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